mardi 13 juillet 2021

Au bout de nulle part

Départ, ce matin, de Hearst, après une tentative de nuit dans le stationnement de l’office de tourisme. D’un côté, la route 11 (qui est aussi la rue principale de la place) avec ses camions et autos, de l’autre, l’usine à papier qui a grincé toute la nuit. Entre les deux, la track de chemin de fer où, évidemment, il est passé deux trains à des heures pas possibles et la piste cyclable… que la municipalité repavait CE MATIN. Pourquoi c’est sur moi que ça tombe, ça??? Pourquoi CE matin, dans tous les matins du monde?

Je suis allée me chercher un café au Timortonne local. Je suis assez flabeurgastée de la quantité de piquopes qu’il y a dans le coin. C’est vrai que tout le monde va «à la chasse, à la pêche, à boire avec les gars, un skidou entre les jambes et l’orgueil dans le cœur, je suis devenu un homme et j’ai connu la peur…» (je m’égare… et je vous laisse deviner).

Pouvez-vous croire que le Timortonne local n’avait plus de biscuit pour faire le sandwich déjeuner? Misère qu’on est loin.
Une chance que McDo nous a avertis…

La route entre Hearst et Thunder Bay est particulièrement plate. C’est 500 km de route plate. Des arbres, des arbres et encore des arbres. Plein d’affiches d’orignaux, mais pas un maudit orignal. J’aurais aimé ça, quand même.
Je trouve, quand même, qu’ils font pousser des drôles d’arbres, le long de la Transcanadienne.

C’est sur cette Transcanadienne qu’Azarius a atteint un joli chiffre…

… tout en essayant d’avaler quelques moustiques.
Quand je vous disais que le nord de Lontario est peuplé de sales bestioles!

En arrivant au Happyland Campground, dans la banlieue éloignée de Thunder Bay, j’ai voulu installer tout le kit d’Azarius. Je suis là pour trois nuits et même si je vais partir demain pour aller explorer les environs, je souhaitais m’installer. Toute la chibagne. Vous pensiez que c’était facile?...

Il était presque 18h et il a commencé à pleuvoir. Juste assez pour que je continue mes tâches, même si je me trouvais ben gnaiseuse de poursuivre. J’aurais pu attendre 10 minutes, j’étais pas si pressée que ça. Faque j’ai sorti le boyau d’eau du fond du camion (il ne sert pas tant que ça) et le fil électrique de sa cachette (ça, c’est facile). Et là, il fallait aussi que je sorte le boyau bleu qui sert à vider le réservoir d’eaux grises (le lavabo : essentiellement de l’eau de vaisselle et de la pâte à dents…). Ce boyau-là est rangé dans un tuyau plus gros, sous le camion. Je trouve le bouchon blanc à tâtons. J’essaie de tourner ledit bouchon. Niet. Collé ben dur. Ça va me prendre des wise-grips. Je fouille dans mon stock d’outils (mouhahaha!) et je trouve des petites wise-grips qui ne sont pas assez larges pour agripper le carré blanc sur le dessus du bouchon. Phoque. Je sors mes plateformes jaunes qui me permettent de mettre le camion de niveau pour… le soulever juste du côté du conducteur (avant et arrière) pour avoir accès plus facilement audit bouchon. Bon, ben, coudon, va falloir que je me couche par terre pour me donner de la force. Faque me v’la couchée dans la garnotte et le gazon, à me faire pleuvoir dessus, pluie qui a fait sortir les crisses de mouches à chevreuil, les tabarnaques, à forcer après le crisse de bouchon blanc. Oui, je sacre comme une Beauceronne. Je serre les dents pour me donner de la force, tellement qu’un moment donné, je pensais sérieusement me péter les palettes. Je taponne autour du bouchon avec un bout de tournevis pour enlever la terre séchée et là, après 10 minutes d’essayage, je sens que le bouchon pourrait vouloir bouger. Je prends mes deux mains, je me fous la tête dans le gazon comme si le fait de ne pas utiliser mon cou pour tenir ma tête pourrait donner de la force de cou à mes mains (gnaiseuse…) Je sens encore que ça veut bouger. Pendant ce temps, mon innocent de voisin place sa nappe pour le souper et me dit allo. Je ne lui ai pas répondu, moi qui suis pourtant polie et bien élevée. Je force encore, encore, encore… et ça finit par débloquer! Ouf! Délivrance! Je sors le boyau bleu de son trou, je le visse après la sortie d’eau grise sous le camion, je recule le camion juste assez pour le débarquer des plateformes jaunes et je plogue l’eau et l’électricité. Mais j’abdique à utiliser l’adaptateur entre le bout du boyau bleu et le trou des égouts. J’ai gossé quelques minutes pour entrer l’adaptateur dans le boyau… et j’ai décidé d’arrêter, j’allais vraiment perdre patience. Je suis sale (je vous rappelle que j’étais couchée dans le gravier – avec un R celui-là! – et il pleuvassait.) J’étais toutrempe, piquée un peu plus, à me dire que c’est donc le fonne, le camping!


Mais une fois installée et la tente cuisine montée, j’ai pu souper à l’abri des bébittes en lisant La Presse. Le bonheur, c’est vrai, existe.

4 commentaires:

  1. C'est en te lisant que j'apprécie encore plus d'avoir un Serge qui fait toutes ces tâches plattes pour l'installation.

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    1. Je pensais justement à vous, couchée dans la garnotte!

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  2. Allo Julie, étant moi-même un peu partie, mais à St-Férréol (et revenue plus tôt pcq ma chum s'est cassé la clavicule en vélo)... j'ai rattrapé tout le retard du début à aujourd'hui pour te lire et pleurer de rire... Particulièrement aujourd'hui! Je te trouve pas mal bonne de faire tout ça! Lâche pas! On en aura à se raconter... À bientôt!

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  3. Quessé "Unknown"...Signé Nadyne... weyons!

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