Si vous placez la ville de Thunder Bay sur une carte, vous verrez que c’est tout au bout du Lac Supérieur. Faque c’était possible, à une autre époque, pour les Indiens et les Blancs de s’y rencontrer parce que les voies étaient navigables… C’est pour ça que le Fort William a été installé là, pour permettre la rencontre annuelle, en juillet (et un peu en aout) des trappeurs (notamment les Anishinabé qui venaient de l’ouest) et des colons qui travaillaient pour la North West Company installés à Montréal (la compagnie concurrente de celle de La Baie d’Hudson) pour l’échange des peaux d’animaux contre de la marchandise.
Quand je suis arrivée, vers 13h, on m’a indiqué qu’il y aurait une visite guidée en français à 13h30! Ben quin, toué. On a fini par être 6: une famille de 5 et moi. Nous avons été guidés par des personnages de 1816: Marguerite, la femme du propriétaire de la place. Elle est une des deux femmes à habiter le fort à l’année longue (l’autre, c’est la cuisinière!). On a rencontré son mari (qui est aussi médecin qui ne doit savoir faire que des saignées, à cette époque-là!), le pas pantoute sympathique Mr Tait (le gardien de la prison – il n’est toujours ben pas pour sourire!) et quelques habitants de la place. Ils étaient une vingtaine à habiter là toute l’année. En mai, les commerçants de la région de Montréal commençaient à arriver (ça prenait toujours ben 6 semaines de canot pour faire Montréal-Thunder Bay!). Le « grand rendez-vous » du Fur Trade était en juillet. Il pouvait y avoir là au-dessus de 1000 personnes. Pis en aout, tout le monde repartait, qui avec ses peaux, qui avec ses cossins inutiles et un peu d’argent. Les commerçants montréalais mettaient les peaux sur un gros bateau, rendus à Montréal, bateau qui allait livrer les peaux en Grande-Bretagne où les riches se faisaient faire des chapeaux de peau de castor ou, luxe ultime, des manteaux en renard argenté.
Le fort est très bien conservé. On était en 1816 parce que c’est probablement l’année où le fort a atteint son apogée, question traites des fourrures et échanges. Pour cause de COVID, on n’a pas pu entrer dans les bâtiments, mais on pouvait rester dans la porte pour regarder. On était limité à 4500 personnes, mais on devait être une petite cinquantaine.
J’ai vu la maison de l’apothicaire, la fabrique de canots, l’hôpital, la prison, la salle des banquets, la maison du propriétaire, le jardin… J’ai assisté à un cours de lançage de hache et à un marchandage de peaux entre un Anishinabé et le propriétaire de la place.
Et j’ai même aussi assisté au tir de canon!
À côté du fort, une petite installation qui va éventuellement ressembler à un village anishinabé. Les gens qui sont là tannent les peaux de façon traditionnelle, construisent des wigwams (le wigwam est bâti avec de l’écorce de bouleau alors que le tipi est en peau). Ils commencent à donner une certaine importance à ce petit village.
J’ai vraiment aimé ma découverte. Mon côté prof dirait que Marguerite, notre guide, était très intéressante et donnait une large part aux trois enfants du couple qui était avec moi. Mon côté prof dirait aussi que le sketch sur le marchandage de peaux était beaucoup trop long. Que voulez-vous. On ne sort pas le prof de la fille, même en vacances.
Et toute cette visite-là m’a couté… 5,65$ Une vraie joke! J’y ai passé tout l’après-midi. Je vous donne la facture, au cas où vous me crériez pas.
Nous avions visité Fort William il y a une 20e d'années. C'est bien de se rafraîchir la mémoire avec tes yeux de prof.
RépondreSupprimerBonjour, Je me demande toujours s'il n'y a pas d'anachronismes dans ce genre de truc touristique. En voulant aller plus loin dans ma réflexion, j'ai trouvé ces deux références :
RépondreSupprimer1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9e_sans_%C3%A9t%C3%A9. L'année 1816 a été une année sans été dans plusieurs régions du monde dont au Canada.
2) https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/traite-des-fourrures. Pour tout savoir sur la traite des fourrures...
Je te les partage, des fois que ça t'apprendrait qq chose.
Tsé, je fais ma part dans tes découvertes! ah!ah!
Bonne lecture lors d'une soirée froide.
Nadyne