samedi 17 juillet 2021

Ouais, ben, quand même...

Y’a des moments, comme ça, où je me dis que je fais une maudite bonne vie.

Changement au programme ce matin: je voulais aller à Chapleau, pour la seule raison que c’est là qu’est mort Louis Hémon, l’auteur du roman Maria Chapdelaine, heurté par un train. Pis à fouiller ici et là, je me rends compte qu’il n’y a même pas une petite statue, une petite plaque, un petit quelque chose pour signifier la disparition. Ça disait plutôt que Chapleau est la ville par excellence pour faire de la chasse, de la pêche, de la randonnée de montagne, du canot, du kayak, du vélo hors-piste… ben oui. Y’a pas une de ces activités qui m’intéresse. Pas une. Faque j’ai laissé faire et je me suis économisé pas loin de 300 km et l’aller-retour sur la même route.

Y’a toujours ben des émittes à visiter des affaires qui ne m’intéressent pas.

Faque à la place, j’ai pris mon temps pour faire les 250 km entre Wawa et Sault Ste.Marie. La route 17 (qui s’appelle dorénavant la 17 sud, alors qu’en partant de Thunder Bay, elle s’appelait la 17 est, essayez de comprendre) qui longe le lac Supérieur est magnifique. J’ai lu que la route se compare à la Cabot Trail de l’Ile du Cap-Breton ou à Big Sur, en Californie. Bon, j’ai fait les deux autres (oui, je sais, je suis chiante, mais vous m’aimez comme ça!), c’est vrai que la 17 sud est belle, mais faudrait pas charrier.

Un moment donné, je me suis arrêtée dans la baie de Batchawana, un peu avant Sault Ste.Marie, pour passer un bout de l’après-midi. J’ai sorti ma chaise de plastique IKEA, j’ai mis mon costume de bain, j’ai pris mes lunettes pis mon livre, et je suis allée m’installer sur la plage. Oh le bonheur. Il ne faisait pas trop chaud (peut-être autour de 24), avec un petit vent traitre. Je suis allée me baigner dans le lac Supérieur. Vous rendez-vous compte? Je me suis baignée dans le lac Supérieur! Il y a des moments, comme ça, où je trouve que je suis chanceuse de mener la vie que je mène. Franchement chanceuse. Bon, je m’arrange pour être chanceuse, mais c’est le fonne que j’en sois consciente. Un moment donné, j’étais au large (il fallait marcher beaucoup pour avoir de l’eau à la taille), j’étais dans l’eau et je souriais toute seule comme une innocente: «Te rends-tu compte, Julie, que tu te baignes dans l’eau du lac Supérieur?» Jouissance.

Pour achever ma joie, je crèche ce soir à la réoport de Sault Ste.Marie. Et tout à l’heure, le gardien est venu jaser, jaloux qu’il était de mon beau petit campeur. Faque j’imagine que si le gardien est venu jaser… ça ne doit pas trop déranger que je crèche ici. Si je paye mon 12$ en partant demain.

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