Un genre de macédoine, en ce jeudi 28, 27e jour de cette exploration ontarienne.
Bon, j’ai arraché quelques feuilles dans les arbres, mais j’ai réussi à sortir Azarius de son spot de dodo, chez Maple and More. C’est juste qu’il fallait que je recule en tournant avec, d’un côté des arbres et de l’autre, une méchante bosse. Je sais pas trop pourquoi, mais j’ai toujours eu peur qu’Azarius verse sur le côté, même si la pente n’était évidemment pas assez prononcée pour ça. Pis en plusse, c’était sur du gazon mouillé pis j’avais peur d’arracher le gazon sans bouger…
Faque une fois sortie de mon spot, je suis allée au magasin de Maple and More… J’ai évidemment acheté la sauce érable et raifort à laquelle j’avais gouté hier. Pis là, Tricia s’est mise à me jaser ça, mes amis, c’était hallucinant! J’ai tout su de sa famille, ses deux garçons dont un qui a eu des difficultés d’apprentissage à l’école primaire mais qu’à force d’aide il a réussi à finir sa 12e année et aujourd’hui il est propriétaire d’une petite flotte de camions qui fait de la livraison de pain et il a 5 enfants il en avait déjà 3 et la 4e grossesse qui était une surprise a donné des jumeaux mais pour sa fille être enceinte a été difficile c’est pourquoi elle a un seul enfant et sa sœur qui a habité aux Philippines pour être directrice d’école et un de ses fils est venu étudier à Toronto il est canadien après tout mais il était gêné de demander de l’aide à sa tante Tricia parce qu’il ne la connaissait pas beaucoup parce qu’il avait surtout habité aux Philippines et quand Tante Trich a appris qu’il avait perdu 20 livres parce qu’il ne mangeait pas parce qu’il n’avait pas reçu sa bourse elle l’a chicané en lui disant qu’il faisait partie de la famille maintenant il est dans l’armée comme réserviste pour voir du pays et d’autres aussi et son mari actuel est son troisième ce qui fait que ses enfants-là ne sont pas les siens à lui… J’avais beau avoir pris ma boite dans mes mains et marcher à reculons vers la porte, elle continuait à m’entretenir de sa famille et des recettes à faire avec l’érable...
Ouf.
J’ai fini par être capable de partir.
Patricia m’a rappelé, hier, l’existence de Sainte-Marie-des-Hurons et les saints-martyrs canadiens. Alors, je suis allée voir. J’étais contente. C’était une jolie visite pour comprendre le premier settlement francophone en ce qui sera éventuellement l’Ontario. L’endroit a été peuplé d’une cinquantaine de religieux (principalement des Jésuites), de Français et de Hurons, au 17e siècle. Les plus connus sont évidemment les huit martyrisés, dont Gabriel Lalemant ou Jean de Brébeuf. Les gens à l’accueil m’ont dit que ça prenait à peu près une heure faire le tour de la patente. Erreur. Si on écoute tous les enregistrements (on télécharge une appli pis ça jase en pitonnant des numéros), on en a pour trois heures, certain! La preuve? Je n’ai pas tout écouté ni tout lu et j’y suis restée deux heures.
À Midland, je trouve le commerce de Chef Bill. C’est un faiseux de confiture avec de l’alcool dedans. C’est le père de François-le-fromager (de Kapuskasing, si vous me suivez) qui m’avait dit d’aller faire un tour. Alors, j’entre là et une dame m’accueille. Je lui demande ce qu’elle a de particulier, parce que je me suis fait recommander… Et la v’là partie! J’ai eu droit à toute l’histoire, à son affection pour les gens de la fromagerie (je suis d’accord qu’ils sont ben fins!), à c’est quoi ça Terego?, à je-vous-offre-un-café pour qu’on puisse continuer à jaser, à je vous envie de faire des roadtrip avec votre campeur il a l'air tellement chouette... Ça a été moins long que chez Maple, mais ce fut aussi une épopée.
Ouf.
La ville – le downtown – de Midland est joli. En fait, je trouve que tout village sur le bord de l’eau peut faire ça beau. J’ai marché un peu en ville, à la recherche de cartes postales. Je vous le répète, c’est rare comme de la marde de pape.
En sortant de la ville, mine de rien, il est pas loin de 17h30. Je me dis que je suis à mon heure pour la petite baignade du jour. Je me ramasse à Balm Beach, toujours sur la baie Georgienne. Les familles commencent à paqueter leurs affaires pour retourner à la maison. Parfait. Note de la plage: 5/10. Même pas la note de passage. Le sable était très roffe et faisait mal sous les pieds. Même affaire avec l’entrée dans l’eau Pas agréable. Coudon? Chus-tu en train de me plaindre, moi, là? Mais l’eau était magique. Mautadit que j’aime ça me faire tremper, comme ça, dans une étendue d’eau digne de ce nom (parce que je déteste prendre un bain – je trouve ça innocent de trainer dans de la vieille eau). Et quand il fait chaud comme aujourd’hui (un genre de 25 avec de l’humidité qui devait avoir un feeling de 30), c’est juste bon de se baisser la température du corps, comme ça.
J’ai repris la route (oui, oui, je me suis chessée et changée) et j’ai longé la route des chalets et des maisons-feu-chalets-renipées le long du lac, jusqu’à Wasaga Beach. Je me suis arrêtée chez Foodland pour acheter des crevettes.
Et là, je suis installée dans le stationnement de l’aéroport de Owen Sound. J’ai soupé avec des crevettes et de la sauce érable et raifort. Qui a dit qu’il fallait souffrir à faire du camping? Je suis ben que trop quelqu’un pour moi, ça.
J'aimerais bien la sauce à l'érable et au raifort de Tricia mais pas sa jasette car si elle apprenait qu'on a le même prénom, elle en rajouterait. Bonne descente vers le sud!
RépondreSupprimerD’ap¶ès moi, la jour a été toffe, en ce jeudi 28!
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