samedi 31 juillet 2021

Je suis électique

Hier, c’était les Mennonites.
Aujourd’hui, deux activités: le canal Welland et la visite du vignoble Henry of Pelham.
Vous ne pourrez pas dire que je ne suis pas ouverte d’esprit.

J’ai mis le cap sur le canal, tout au bord du lac Ontario, à la fin (ou au début, c’est selon) du canal Welland.
Le canal, qui fait 42 kilomètres de long, permet aux bateaux de passer du lac Érié au lac Ontario (ou le contraire!) en 8 écluses, rapport qu’il y a 183 mètres de dénivellation entre les deux. Vous pensez que ça prend combien de temps, cette petite balade? C’est ça: 11 heures. Pis pour faire toute la voie maritime Grands-Lac-Saint-Laurent, de Duluth (Minnesota) au bout du lac Supérieur à l’océan Atlantique? Plus de 5 jours.
En approche de l’écluse 2, mon bateau 1, le Ijzerborg.
J’étais dans tous mes états. Un immense porte-conteneurs battant pavillon néerlandais. Vraiment dans tous mes états. Comme si j’étais étonnée de voir un bateau s’engager dans une écluse! Je l’ai regardé passer sous le pont levé, s’engager dans l’écluse. J’ai regardé un peu sa descente, puis j’ai repris le camion pour revenir sur mes pas pour le voir sortir de l’écluse. Une vraie folle, je vous dis.
À l’écluse 3, il y a un musée, sous la responsabilité de la ville de St.Catharines. Très intéressant. Une petite vidéo pour expliquer la construction de la patente nous apprend que ça fait 200 ans qu’il y a des écluses ici. On en est à la 5e version! Fallait être visionnaire en tipépère, en 1817 alors que l’Ontario n’était encore que le Haut-Canada, pour penser creuser une fausse rivière avec un ascenseur à bateau pour contourner les chutes du Niagara (parce que c’est de ça dont on parle ici).
Parce que c’est un musée, il y a une passerelle pour observer un bateau d’en haut. Sauf que mon bateau 2, le Tim S. Dool, un vraquier canadien, est arrivé dans l’écluse 3 bien passé 16h30, l’heure à laquelle ferme le musée – et l’accès à la passerelle. Faque j’ai été obligée de le regarder d’en bas, avec le peuple. C’est quand même fascinant de voir le bateau descendre. Je sais, vous allez me dire que c’est le but d’une écluse, na, je sais, mais c’est fascinant pareil, bon.
Observation quioute: dans le musée, il y avait une exposition temporaire sur les bonheurs des cartes postales. Mettons que ça serait le fonne qu’ils en vendent, s’ils disent que c’est un bonheur…
Évidemment, il fallait construire des ponts par-dessus le canal pour donner accès aux deux côtés aux habitants. Certains ponts lèvent en restant attaché d’un côté, certains ponts lèvent des deux côtés également. C’est entre l’écluse 3 et l’écluse 4 que j’ai vu mon bateau 3, le Federal Montreal, passer sous le pont de la rue Glendale.
Les écluses 4, 5 et 6 se suivent de très très près. Le bateau a à peine le temps de sortir d’une écluse qu’il entre dans l’autre. En plus, ce sont des écluses doubles, ce qui veut dire qu’un bateau peut monter vers le lac Érié pendant qu’un autre descend vers le lac Ontario.
C’est vraiment weird d’être en bas et de voir le gros bateau, en haut.
Mon bateau 4, le Laurentian de la Canada Steamship Lines (qui a déjà appartenu à l’ancien ministre Paul Martin), était en train de descendre dans l’écluse 6 alors que j’approchais. J’ai décidé que ça méritait que j’arrête pour regarder. J’en ai profité pour jaser avec une grand-maman venue montrer le bateau qui descend et qui sort de l’écluse à sa petite fille qui voulait, elle, savoir pourquoi il y avait un escargot sur mon camion. On ne s’intéresse vraiment pas aux même choses.
Moi qui espérais voir un bateau pendant ma visite, j’étais énervée comme une puce d’en avoir vu quatre! Je me suis dit que ça devait être l’heure de pointe! Après tout, il était rendu pas loin de 18h30!

Vous saviez, vous, que les écluses se remplissent par la gravité. Euh? Ouan. Comme l’eau coule du lac Érié vers le lac Ontario, et que le lac Érié est plus haut que le lac Ontario, la gravité et le courant font la job de remplissage et de réremplissage des différentes écluses. C’est quand même 94 millions de litre d’eau de la fois… Et tout ça, ben, c’est automatisé! Des lumières pour dire aux bateaux d’avancer ou d’arrêter, l’ouverture ou la fermeture des portes, le remplissage ou le déremplissage d’eau. Je suis encore flabeurgastée. La preuve? En plus des 20 petits clips, j’ai pris 209 photos. Non, non, je n’exagère pas. Vous pensiez que c’était gratisse? Ça coute entre 20 000$ et 38 000$ par bateau pour emprunter le canal Welland.

Et moi qui voulais être chez Henry of Pelham à 15h!

(ne vous inquiétez pas si le blogue du jour est déposé le lendemain: je n'ai tellement pas de réseau dans le fond de mon camping...)

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